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8 questions pour Daehyun Kim


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Chers visiteurs,

Aujourd’hui, jeudi 19 février, je vous propose de découvrir Kim Daehyun, Moonassi de son pseudo. Il est illustrateur, à Séoul où il vit. Cette interview est un peu spéciale, car je l’ai découvert lors d’une exposition au Palais de Séoul en novembre dernier. J’avais alors été très intriguée par ses dessins, j’ai donc publié des photos de l’exposition sur mon blog graphikakoréa. C’est ensuite Kim lui même qui m’a contactée, pour me demander de retirer certaines photos d’une de ses illustrations: elle devait en effet figurer en couverture du magazine 33th American Illustration, et il ne voulait pas qu’elle soit dévoilée avant qu’il ne sorte. J’ai finalement profité de cet échange pour lui demander si je pouvais l’interviewer. Et il a accepté. Je suis allée le rencontrer sur son lieu de travail en plein centre de Séoul, quelques jours plus tard. J’ai d’ailleurs bien failli ne pas trouver le lieu exact: son  charmant atelier de moins de 10 mètres carré est niché en haut d’un petit bâtiment, au milieu d’un labyrinthe de ruelles aux noms très ressemblants. Cette rencontre fut l’occasion d’un échange très agréable, kim s’est laissé guider par mes questions, m’en retournant certaines. Un dialogue s’est construit, enrichissant l’interview. Par la suite, j’ai tenté de garder ce type d’échanges dans toutes les autres interview que j’ai effectuées en Corée du Sud. J’espère qu’à travers cette retranscription de notre conversation vous pourrez percevoir l’atmosphère de cette rencontre surprenante..

À très bientôt!

Lucile


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Cliquez sur « suite » pour lire l’interview !

DAEHYUN KIM

Where did you do your studies?
Où as-tu fait tes études?
In Hongik university, I studied oriental painting even if I think it’s not really actually oriental.. I mean for us oriental mean east Asia. So I studied about old east asian paintings, not middle east paintings. That mean we learned history and drawing, philosophy.
À l’université de Hongik, j’y étudiais la peinture orientale, même si je ne pense pas que ce soit réellement l’orient tel qu’on l’envisage aujourd’hui.. Je veux dire que pour nous, « oriental » veut dire « Asie de l’est ». Donc j’ai étudié la peinture ancienne de l’Asie de l’est.

I ask you because a lot of korean people said me they studies on other countries…
Je te demande cela car beaucoup de coréens m’ont dit qu’ils avaient fait leurs études à l’étranger…

Yes, a lot. After graduation they go to other countries, I think it’s better. Because we spend a lot of money to study here in Korea. It’s really expensive. And here there are too many students who studies for post-graduation.
Oui beaucoup. Après avoir eu leur baccalauréat, ils vont dans d’autres pays, et je pense que c’est mieux. Parce qu’en Corée on dépense beaucoup d’argent pour les études. Ça coûte très cher. Et il y a beaucoup de gens qui veulent faire des études supérieures.

What inspired you for your illustration work?
De quoi t’inspires-tu dans ton travail d’illustration?

I use to say I’m inspired by everything. Everyday life. And mostly I think I am inspired by memories, memories of conversations that I heard or I had before.
I keep thinking about the past, about fillings and people that I met before…
I have a lot of feelings about past, regreets sometimes, I would like to talk with that person that I met before but I can not, like speaking with person who are already gone.
But now I don’t limit myself, I try to be inspired by anything around me because it’s hard to wait until I got inspiration only form memories, so sometimes I got inspiration from a book or just a sentence that I really like. Or music, movies etc.
Sometimes I’m inspired by just a simple shape like a circle or a triangle or just lines, of course many images from internet.
It’s not that concrete images, just kind of atmosphere it comes to me and I try to find what it is.
J’ai l’habitude de dire que je m’inspire de tout. De la vie de tout les jours. Mais la plupart du temps je dirais que je m’inspire des souvenirs, souvenirs de conversations que j’ai entendues, ou que j’ai eues avant…
J’éprouve beaucoup de sensations à propos du passé, des regrets parfois, j’aimerai parler avec une personne que j’ai connu mais je ne peux pas, avoir des conversations avec des personnes qui sont parties.
Mais je ne me limite pas, j’essaie de m’inspirer de tout ce qu’il y a autour de moi parce que c’est trop difficile d’attendre jusqu’à ce que l’inspiration me vienne de souvenirs, parfois je trouve l’inspiration dans un livre ou juste une phrase que j’aime beaucoup. De musiques, de films, etc.
Parfois je m’inspire aussi juste de formes comme le cercle, le triangle ou seulement une ligne, et évidemment des images provenant d’internet…
Ce ne sont pas des images concrètes, juste une sorte d’atmosphère qui me vient, et je tente de trouver ce que c’est.

You use only black on your drawings. Why?
Tu n’utilises que la couleur noir, dans tes dessins. Pourquoi?

At the beginning it was a simple idea. I used only black ink during my studies because from thousand years ago, east asian painting only use black color, even if they did also color painting, especially in Japan.
But I also like this idea of using black because it’s special for east asian painting, and for me it’s like meditation or zen, it’s very limited but you can illustrate anything from this black ink.
Famous east asian painters used to say « it can have every color with black ink, if you are really into your subject you can do anything ». Maybe that’s why I was interested in.
When I draw, I only use small size of paper, like that is really simple to do it any time any where. Even when I’m in travel. Maybe I wanted to see that possibility, to see where I can go with this limited material. And I’m still into this experimentation.
Actually I see more possibilities then before, by working with only with black ink. I can give layers with just black color. With this lines… because I have also white, empty space, so it’s two colors.
Au début c’était une idée simple. J’utilisais seulement de l’encre noire pendant mes études car il y a un siècle, les peintres de l’Asie de l’est n’utilisaient que cette encre, bien qu’ils aient aussi fait des peintures en couleur, surtout au Japon.
J’aime l’idée de n’utiliser que du noir car c’est caractéristique de l’Asie de l’est, ça m’évoque la méditation, le zen, ça paraît très limité mais vous pouvez illustrer absolument tout à partir de cette encre. Les peintres connus de l’Asie de l’est disaient souvent «  on peut obtenir toutes les couleurs avec le noire. Si l’on est réellement absorbé par le sujet, on peut tout faire ». Peut-être que c’est ce qui m’a intéressé.
Lorsque je dessine, je n’utilise que de petites feuilles de papier, c’est la solution la plus simple pour pouvoir dessiner n’importe quand et n’importe où. Même lorsque je voyage. Peut être que je voulais expérimenter toute l’étendue de ce matériau limité. Je l’expérimente toujours d’ailleurs. Actuellement je vois plus de possibilités qu’avant, à force de ne travailler qu’avec cette encre noire. Je peux simuler des superpositions. Avec ces lignes… parce qu’il y a aussi le blanc du papier, l’espace vide, alors ça me fait deux couleurs en réalité.

When you talk about discussions you had, and conversations you heard, or people to who you would have like to say something, is that something to do with that black color? Or you use black color just like a tool, with no relationship with your subject?
Lorsque tu parles de discussions que tu as eues, de conversations que tu as entendues, ou de gens à qui tu aurais aimé dire quelque chose, est-ce que cela a quelque chose à voire avec cette couleur? Ou n’utilises-tu le noir que comme un outil, sans relations avec ton sujet?

No, I think there is no relations with my subject. Why are you asking that? You see some relationship? You think black means memories?
Non, je pense qu’il n’y a pas de relations avec mon sujet. Pourquoi me demandes-tu ça? Tu en vois une? Tu penses que la couleur noire a une relation avec la notion de souvenirs?

I don’t know how to explain… I also like black color, but I feel like difficult to use it because I‘m doing graphic design and I have to say something to people on posters or identities. It’s different from a drawing; black color have spooky meanings and people are a little bit afraid by black color. I feel that’s difficult to use just black to make a poster for exemple, even if I would love to.
Je ne sais pas comment expliquer ça… J’aime aussi beaucoup travailler avec du noir, mais j’ai la sensation que cette couleur est très difficile à utiliser, car je fais du graphisme, et que je dois transmettre des messages aux gens à travers des affiches ou des identités visuelles. C’est différent d’un dessin; cette couleur est chargée d’un sens sinistre qui effraie un peu les gens. J’ai du mal à n’utiliser que cette couleur dans une affiche par exemple, même si j’adorerai ça.

Because black color can make your drawings too seriously?
Parce que la couleur noire peut rendre les dessins trop sévères?

For me no, but for people yes. And graphic designers do not make posters for themselves but for people, to deliver them a message.
Pour les gens oui. Et les graphistes ne font pas d’affiches pour eux, mais pour les gens à qui ils doivent délivrer un message.
Yes I agree with that, because sometimes people think that my drawings are creepy… too dark and lonely.They say me « why don’t you draw something more bright and happy? » I cannot say that I feel lonely or dark. And in my drawings there is also many bright or funny ideas.
I don’t mind how people understand because it’s their interpretation, I don’t want to remove that conversation between my drawings and the spectator.
It’s their feeling. I like this kind of misunderstanding.
Oui je suis d’accord, parce que parfois les gens pensent que mes dessins donnent la chair de poule.. qu’ils sont trop sombres et donnent une sensation de solitude.
Ils me demandent « pourquoi tu ne dessines pas quelque chose de lumineux, d’heureux? » Je ne peux pas dire que je ressente de la solitude ou que je sois quelqu’un de sombre. Et mes dessins comportent aussi des éléments lumineux, parfois drôles. Je me fiche de quelle manière les gens les comprennent car c’est leur interprétation, je ne veux pas supprimer ce dialogue entre mes dessins et le spectateur. Ce sont leurs sensations. J’aime ce genre de malentendus.

There is a lot of people in your drawings. You represent people, and that’s why I was looking at your drawings in the exhibition in Palais de Seoul. Because there is a kind of relation betwin figurative and abstract in your drawings. There is people but with abstract representation. You say what you have to say in your drawings, with people but it’s a little bit abstract. That’s interesting for me.
Il y a beaucoup de gens dans tes dessins. Tu représentes des gens, c’est ce qui a attiré mon attention dans l’exposition au Palais de Seoul. Car il y a une sorte de relation entre la représentation figurative et abstraite très spéciale dans tes dessins. Il y a des gens, mais représentés de manière très abstraite. Tu délivres la thématique et le message de tes dessins par des représentations figuratives, mais avec une part d’abstrait. Je trouve ça très intéressant.
At the beginning I only had people, just only two figures on the white space. No any other things in the background. Around me at the university my friends wanted to be artists, and they seems to do very serious art. I didn’t like this way. I wish that my drawings are really easy to understand. That’s way I use human figures. Like that maybe my mother or my cousins can even understand my drawings. But if I do something too much abstract they could be afraid of this kind of modern art.
But then I felt it was too easy to understand, I wanted something more abstract, to make people don’t understand really the meaning. That’s why maybe I made my drawings getting more abstract with the background.
Au début je ne dessinais que les personnages, juste deux silhouettes dans l’espace blanc de la page. Rien d’autre à l’arrière plan. Autour de moi à l’université mes amis voulaient être artistes, et ils avaient une pratique artistique très sérieuse. Je n’aime pas cette façon de voir les choses. J’aspire à ce que mes dessins soient simples à comprendre. C’est pour ça que j’utilise beaucoup de représentations humaines. De cette manière, peut-être que ma mère par exemple, ou mes cousins, peuvent aussi comprendre mes dessins. Si je fais quelque chose de trop abstrait ils pourraient être découragés par ce genre d’art moderne.
Ensuite j’ai eu la sensation que c’était trop simple à comprendre, je voulais quelque chose de plus abstrait, pour faire en sorte que les gens ne comprennent pas le sens instantanément. C’est pourquoi j’ai fais en sorte que mes dessins deviennent plus abstraits, grâce à l’arrière-plan.

You said me that you were doing a magazine cover, with one of your drawings. How did you worked for that?
Tu m’as dit que tu avais fait la couverture d’un magazine, avec un de tes dessins. Comment as-tu travaillé là-dessus?

American Illustrators 33th magazine. I didn’t know what was that magazine, but I was selected. It was an illustrators award, and one of my drawings was published in The New York Times, so they suggest me to do the cover. I don’t know why The New York Times ask me that, they just contact me, and gave me an article of news paper to work on it. Before that illustration for New York Times, I never thought about illustrations, actually I didn’t really know what illustration was. I was just doing my drawings… I don’t know really what’s the difference betwin illustrators, artists, designers…
So, I felt it was really confortable for me to work for The New York Times, that’s exactly what I was doing in my drawings: they gave me the title of the article « sentence of suffering », from which I extracted a key word and I started to draw. Before that I already extracted key words from memories, conversations etc, to draw about it. So it wasn’t hard to do, moreover they wanted me to keep my own style.
But maybe that’s why I cannot do more illustrations, because it’s only possible when the client want me to have my own style. I cannot do other styles, with colors for exemple. I tried once and client didn’t liked it (laugh), they said me « you should do what you are already doing ». That experience was really painful but I was happy to have to keep my style to draw.
For the 33th American Illustrators magazine, I didn’t know what to do. They gave me the theme and the format. I was really concerned about the theme, so I tried to work on it, but I just gave up to do some sketches like I was usually doing. At that moment I was working on something like mirrors, reflecting each others, and they thought that was good for the magazine cover. I don’t know how it’s gonna be on the magazine… I’m waiting to see it.
C’est la revue « 33th American Illustrator ». Je ne connaissais pas ce magazine, mais j’ai été sélectionné. C’était un prix d’illustration, et comme l’un de mes dessins avait été publié dans le New York Times, ils m’ont demandé de faire la couverture du magazine. Je ne sais pas pourquoi le New York Times m’avait proposé ça d’ailleurs, ils m’ont juste contacté, et ils m’ont donné un article sur lequel travailler. Avant ce travail je n’avais jamais vraiment pensé à l’illustration, en réalité je ne savais même pas vraiment ce qu’était l’illustration. Je faisais juste mes dessins, … je ne comprends pas vraiment la différence entre illustrateur, artiste, designer d’ailleurs…
Bref, je me suis senti très à l’aise dans ce travail pour le New York Times, c’était exactement ce que je faisais déjà dans mes dessins: ils m’ont donné le titre de l’article « La sentence de la souffrance », duquel j’ai extrait un mot clé, et puis j’ai commencé à dessiner. Avant j’extrayais déjà des mots clés de mes souvenirs, conversations (etc), pour les dessiner. Donc ça n’était pas une tâche difficile pour moi, d’autant qu’ils voulaient que je garde mon style de dessin. Mais peut-être que c’est aussi la raison pour laquelle je ne peux pas faire énormément d’illustrations, parce que ça n’est possible que lorsque le client demande à voir mon propre style. Je ne peux pas travailler d’autres styles, avec des couleurs par exemple. J’ai essayé une fois et le client n’a pas aimé (rires), il m’a dit « tu devrais juste faire ce que tu sais déjà faire ». Cette expérience a été un peu douloureuse mais j’étais heureux que l’on me demande de garder ma propre patte visuelle.
Pour le « 33th American Illustrator », je ne savais pas vraiment comment faire. Ils m’ont donné le thème de la revue, et le format. Je me sentais très investit par cette thématique, donc j’ai essayé de travailler sur l’illustration, mais j’ai fini par laisser tomber pour faire des croquis comme j’avais l’habitude de les faire. À ce moment là je travaillais sur un dessin à propos du miroir, du fait de se refléter l’un dans l’autre, et ils ont pensé que ça irait très bien pour la couverture du magazine. Je ne sais pas comment ça sera… je n’ai pas encore vu le magazine.

 

For my own work I’m interesting in daily life crowded of images, publicity, TV, videos, even on the subway. Do you think to make images with a lot of images around us make sens? How do you feel your work, as an illustrator? How do you create your own images with that conditions?
Dans mon propre travail, je m’intéresse au quotidien bondé d’images, aux publicités, à la télévision, et aux vidéos, qui apparaissent jusque dans le métro. Penses-tu que créer des images dans ce brouhaha visuel quotidien ait encore un sens? Je voudrais savoir comment tu ressens, en tant qu’illustrateur, ton travail avec toutes ces images autour de nous? Comment crées-tu tes propres images dans ces conditions?

That’s a good question. I just simply ignore it. Especially in Korea, there is a lot of images on the street, competing with each other. Even on internet I see every days too much images, maybe that’s why I stopped to use Facebook and Instagram. Maybe I was sick of that.
I don’t think it’s too stressful to me, I thought about that 5 or 10 years ago, but now I just don’t care. I’m only concerned about that I can possibly make a copy of an existing image. I don’t want to make copy of other images. Once I experienced that, I made a sketch one night, and next day I was on Facebook and I saw the same image as my sketch. I was really choked. Maybe I saw this image before, or the artist developed this image on the same time a as me. That’s because of too many creators in the world (laugh). They share images every days, so I thought it can happen any time. So after that I tried to focus more on the idea then on the style of the drawing. Because style is just style. But if I make it more unique with ideas it cannot be same as other images. Before I didn’t though that my drawings were unique because there is a lot of other artist who use only black ink. This kind of Buddhist theme, anyone can use this, with human figures. But people start to say « your drawings are special ». But I don’t think it’s because of the style of the drawings, it’s because of my way of thinking.
C’est une bonne question. En fait je les ignore, simplement. Surtout en Corée où il y a beaucoup d’images dans la rue, en compétition les unes avec les autres. Même sur internet je vois beaucoup trop d’images tout les jours, peut être que c’est la raison pour laquelle j’ai arrêté d’utiliser Facebook et Instagram. Je devais être fatigué de tout ça.
Je ne pense pas que ce soit trop stressant pour moi, j’y ai pensé, il y a 5 ou 10 ans, mais maintenant je m’en fiche. La seule chose qui m’inquiète c’est que je puisse faire une copie d’une image qui existe déjà. Je ne veux pas copier. Une fois ça m’est arrivé, j’ai fait un croquis pendant la nuit, et le lendemain, alors que j’étais sur Facebook, j’ai aperçu une image en tout point semblable à celle que j’avais créée. J’étais vraiment perturbé. Peut être que j’avais vu cette image avant, ou peut être que l’artiste l’avait développée en meme temps que moi. C’est parce qu’il y a trop de créatifs sur terre (rires). Ils partagent des images tous les jours, alors je pense que ce genre de situation arrive tout le temps. Après ça j’ai essayé de me concentrer plus encore sur l’idée que sur le style de mes dessins. Parce que le style, ça n’est qu’un style. Mais si je créée une illustration unique grâce à l’idée, elle ne peut pas être exactement la même qu’un autre visuel. Avant je ne pensais pas que mes dessins pouvaient être uniques car il y a beaucoup d’autres artistes qui n’utilisent également de l’encre noire. Ce genre de thématique bouddhiste, tout le monde peut l’utiliser, avec des personnages . Mais les gens ont commencé à me dire « tes dessins sont spéciaux ». Je ne pense pas que ce soit par leur style, mais plutôt grâce à ma façon de les penser.

You spoked about Buddhism, you have that kind of inspiration?
Tu as parlé de bouddhisme, tu t’en en inspire?
I have to say yes, but I didn’t want to say « it’s about buddhism », because if I say that, people will only see this way, and I don’t want to. Even if I was inspired by buddhism. I was really into buddhist drawings, from Chinese before, but I’m also inspired by western philosophy, and I try to compare two differents worlds. Actually it’s hard to say precisely what my drawings are…
Je dois dire que oui, mais je ne veux pas dire « c’est à propos du bouddhisme », car si je dit ça, les gens ne vont y voire que ça, et je n’en ai pas envie . Même si je suis inspiré par le bouddhisme chinois, je suis aussi intéressé par la philosophie occidentale. J’essaie de comparer différents mondes. C’est difficile d’expliquer précisément ce que sont mes dessins…

How do you define your illustration work?
Comment définirais tu ton travail d’illustrateur?

Three days per week I work in a graphic design company named Evasion Agency, made by french guys. Before it was my principal job. I do web design there, and also editorial and text design etc. Before being an illustrator I was already working for graphic design company, so I see myself more like a graphic designer than an artist, and I was not confident about being an artist. So maybe that’s why I can start with more simple idea. Now I try to be an artist on my full-time but it’s not easy. So I keep both, and I think illustration is something in between this two worlds. Artist and designers. Illustrators cannot do only their art, they should be flexible. Clients request that. For me, it’s not that hard to be both.
Trois jours par semaine je travaille en tant que graphiste dans une entreprise, l’Agence Évasion, crée par des français. Avant c’était mon travail principal. Je fais du web design là-bas, et aussi du design éditorial, de la mise en page etc. Avant d’être un illustrateur je travaillais déjà pour des agences de graphisme, donc je me vois plutôt comme un graphiste que comme un artiste, et je n’étais pas très confiant à l’idée d’être artiste. Alors peut être est-ce pour ça que j’ai commencé avec des idées très simples. Maintenant j’essaie d’être artiste à plein temps mais ça n’est pas facile. Alors je garde les deux, je pense d’ailleurs que l’illustration est un domaine à mi-chemin entre ces deux mondes. Art et design. Les illustrateurs ne peuvent pas exercer que leur art, ils doivent être flexibles, cela fait partie des exigences de ce métier. Les clients le leur demandent. Pour moi, ça n’est pas si difficile de faire les deux.

What do you think about actual korean illustrators? And do you think Seoul is a good place to be an illustrator?
Que penses-tu des illustrateurs actuels en Corée? Penses-tu que Séoul est un bon endroit pour être illustrateur?

I don’t know. Because I don’t do that much illustrations in Seoul. I mean, I only had one commissioned work from a client in Seoul. I just started last year to be an illustrator, so it’s really new for me.I heard many things, but it’s not my opinion, it’s other illustrators opinions, that I heard from exhibitions: they said it’s not easy to survive as an illustrator in Korea because they are too many young talented illustrators here. So even if someone have unique style or is doing really unique illustration, the client ask « can you do something like this? ». Most of the time, clients don’t care about unique images, they want something that they are sure it’s working with public, for money. But my clients are not from Seoul…
Je ne sais pas. Parce que je ne fais de l’illustration que depuis très peu de temps à Séoul. À vrai dire, je n’ai eu qu’une seule commande pour un client qui vient d’ici. Je n’ai commencé que l’année dernière à être illustrateur, donc c’est très nouveau pour moi. J’ai entendu dire beaucoup de choses, mais ça n‘est pas mon opinion personnelle, ce sont celles d’autres illustrateurs, que j’ai entendues lors d’expositions: ils disent que ça n’est pas facile de vivre en tant qu’illustrateur en Corée car ils sont bien trop nombreux à être jeunes et talentueux ici. Alors même si quelqu’un a un style unique ou fait des illustrations vraiment uniques, le client demande « peux-tu faire quelque chose comme ça? ». La plupart du temps, les clients s’en fichent des images uniques, ils veulent quelque chose dont ils sont sûres que ça fonctionnera avec le publique, pour l’argent.

How did you found your clients?
Comment as-tu trouvé tes clients?

They send me an email, but this is not really commissioned work. It’s association with young people who have full of ideas, who want to do something with me, but don’t have money. They are from US or Europe, South America… Before, I really enjoyed this kind of contacts even if they don’t have money, if I was interested in the project I just did it. I had a job so I didn’t care about money. But now, (laugh) I think maybe more like an illustrator. So… I need money (laugh).
Ils m’ont envoyé des emails, mais ça n’est pas réellement du travail de commande. Ce sont des associations de jeunes gens qui ont plein d’idées, et qui veulent faire quelque chose avec moi, mais n’ont pas d’argent. Ils viennent des États-Unis ou d’Europe, d’Amérique du Sud… Avant j’adorais ce type de contacts, même sans être payé si j’étais intéressé par le projet je le faisais. J’avais un travail alors je m’en fichais de l’argent. Mais maintenant (rires) je pense peut être un peut plus comme un illustrateur. Alors… j’ai besoin d’argent… (rires)

Who is your favorite illustrator or designer?
Qui est ton designer ou illustrateur préféré?

There is someone, we worked together before, on the same company. He is Jaemin Lee. He was really good, I learned a lot with him, he gave me a lot of inspiration. He now have his own studio and he is doing great graph design job. He’s doing graphic design as an artist. I’m still really inspired from him.
Il y a quelqu’un, avec qui j’ai travaillé avant, dans la même agence de graphisme. C’est Jaemin Lee. Il est très doué, j’ai appris beaucoup de choses grâce à lui, il m’a beaucoup inspiré. Il a son propre studio maintenant, et il fait du très bon graphisme. Il fait du graphisme comme un artiste. Je m’inspire encore énormément de son travail.

Daehyun Kim

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