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Dr Strangelove — Pablo Ferro


Strangelove

  • Titre français: Docteur Folamour
  • Réalisation: Pablo Ferro
  • Sortie: 1964

 

Activités professionnelles et salon Offprint en sus, je n’ai malheureusement pas eu le temps de rédiger le dernier article « Popcorn ». Je vous laisse donc, pour le moment, et avant quelques explications et notes de références, avec le générique du célèbre graphiste américain Pablo Ferro pour le film Docteur Folamour (Dr Strangelove), réalisé en 1964 par Stanley Kubrick.

Comme promis si dessus, voici quelques lignes concernant ce générique de Pablo Ferro, réalisé pour le film Dr Strangelove de l’un des plus grand cinéaste du xxe siècle, l’américain Stanley Kubrick. Rien ne sert d’évoquer une courte liste de ses œuvres, nous connaissons sa filmographie presque par cœur tant l’esthétique de ses films à marquée le 7e art. C’est d’ailleurs avec ce film, dont le titre complet est Docteur Folamour ou: comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb), qu’il se vera récompensé d’un BAFTA (British Academy of Film and Television Arts) du meilleur film en 1965. En 2000, il est classé par l’American Film Institute — troisième meilleur film « humoristique » américain.
C’est donc une lourde tâche, de se voir assigné à la conception d’un générique avec le génie et l’exigence que l’on connait de Kubrick. Et c’est le graphiste américain Pablo ferro, jusqu’alors connu pour ses procédés graphiques pour la publicité (Kubrick le choisira notamment grâce à son sens de l’ironie) mais novice dans le domaine des génériques, puisque celui-ci sera le premier d’une longue série. On compte parmi non loin de 100 réalisations, le générique des films L’Affaire Thomas Crown (de Norman Jewison en 1968), Orange mécanique (de Stanley Kubrick en 1971), Beetle Juice (de Tim Burton en 1988), ou encore L.A. Confidential (de Curtis Hanson sorti en 1997).

Le style de Pablo Ferro est assez reconnaissable car il utilise souvent une typographie manuscrite, élancée et fine, avec des jeux de taille différentes très bien composée et parfaitement cadrée. Pour Dr Strangelove les crédits sous ce style typographique apparaissent sur une succession de 4 plans (5 si on compte le premier qui n’apparaît que furtivement), montrant un ravitaillement aérien d’un avion de la U.S. Air force (le B-52 bien entendu avec son capitaine « yahhhooo !! »), qui dure le temps du générique.

La bande sonore est signée du compositeur et producteur britannique Laurie Johnson, qui à notamment travailler sur des films tel que And Soon the Darkness (de Robert Fuest en 1970), mais beaucoup plus pour des séries télévisés britanniques comme Chapeau melon et bottes de cuir (de Sydney Newman et Leonard Whitede de 1965 à 1969) ou L’Aventurier (de Monty Berman et Dennis Spooner en 1972).

Son style particulier, nous le retrouvons, prêt de 33 ans plus tard dans le générique d’un film de Barry Sonnenfeld, sorti en 1997 et adapté de la série de comics du même nom, Men in Black (créée par Lowell Cunningham en 1990). Pablo Ferro avait d’ailleurs travaillé pendant sa jeunesse à « Atlas comics » au côté de Stan Lee (futur éditeur de Marvel Comics). Pour ce générique accompagnant le film, on retrouve de la même manière que pour celui de Dr Strangelove, un jeu de composition avec ce même style typographique, par dessus les tribulations nocturne d’une libellule. Il travaillera également sur les deux autres opus de la saga (Men In Black II en 2002 et Men In Black III sorti en 2012, toujours de Barry Sonnenfeld), qui reprendront exactement le même principe.

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Kiss Kiss Bang Bang — Danny Yount


kisskissbangbang

  • Titre français: Kiss Kiss Bang Bang
  • Réalisation: Shane Black
  • Sortie: 2005

 

Cette semaine, c’est au tour du générique du film Kiss Kiss Bang Bang réalisé par Shane Black et conçu par l’américain Danny Yount. Il raconte les déboires du voleur Harry Lockhart, interprété par l’acteur Robert Downey Jr. L’année de sa sortie en 2005, le film est présenté hors compétition au Festival de Cannes, puis l’année suivante, il reçoit un Empire Award du meilleur thriller. C’est le premier film du scénariste et réalisateur américain Shane Black, qui est l’auteur de nombreux scénarios de films d’actions comme L’Arme fatale 1 & 2 (de Richard Donner), Le Dernier Samaritain (de Tony Scott), ou encore Last Action Hero (de John McTiernan) et évidemment de ses propres films. Voici le travail de Danny Yount sur le générique du film Kiss Kiss Bang Bang:

Shane Black confie donc la réalisation de cette séquence titre à Danny Yount, qui à également conçu le générique des films Rock’n’Rolla (de Guy Ritchie), Iron Man (réalisé par Jon Favreau, et tiré du comics éponyme publié par Marvel) ainsi que celui de Iron Man 3 (de Shane Black, qui constitue la deuxième collaboration — Black/Yount — sur les deux seul film en tant que réalisateur pour Black). Yount travail également pour la télévision puisqu’il est aussi à l’origine du générique de la série américaine Six Feet Under (créée par Alan Ball en 2001) avec lequel il a reçu un Emmy Award.
Le graphiste est membre de l’Alliance graphique internationale (AGI) et travail au sein du studio Prologue au côté de Simon Clowes et de Kyle Cooper le fondateur de ce studio. Vous pouvez retrouver une interview de Danny Yount, dans laquelle il parle de sa carrière et de son travail sur le site digup.tv conçu par le studio de création numérique Cellules évoqué dans cet article le mois dernier.

Pour cette séquence, Danny Yount utilise un style d’animation et un choix colorimétrique proche de celui des années 1960. Le choix du noir, du rouge ou encore du blanc cassé donne un style graphique assez fort qui n’est pas sans rappeler l’esthétique des affiches de Saul Bass (on y revient).

Affiche du film Vertigo (1958) et de West Side Story (1961), réalisées par Saul Bass.

Affiche du film Vertigo (1958) et de West Side Story (1961), réalisées par Saul Bass.

L’animation et l’apparition des éléments présents dans le générique sont parfaitement synchronisés avec la bande sonore, ce qui ajoute du rythme ainsi qu’une certaine immersion dans l’atmosphère « suspense » du générique qui évoque celui du film. Elle est signée du compositeur et monteur américain John Ottman, qui à l’habitude de travailler avec le réalisateur Brian Singer. On lui doit parmit plus d’une trentaine de compositions pour le cinéma, les musiques de Ennemi public et Usual Suspects (de Bryan Singer), Gothika (de Mathieu Kassovitz) ou encore le film d’horreur Esther (de Jaume Collet-Serra). John Ottman a d’ailleurs été nommé dans la catégorie meilleure musique, pour Kiss Kiss Bang Bang, lors des Saturn Awards de 2006.

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The Lego Movie — Brian Mah (Alma Mater)


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  • Titre français: La grande aventure Lego
  • Réalisation: Phil Lord & Chris Miller
  • Sortie: 2014

 

Cette semaine je vous propose non pas de découvrir une séquence d’ouverture, mais avec un générique de fin cette fois-ci. Et c’est l’occasion de replonger dans vos souvenirs d’enfance, car ce générique est entièrement réalisé avec des pièces de la célèbre firme Danoise Lego, qui ont surement comme moi fait votre bonheur lorsque vous étiez plus jeune. Bien que le film utilise parfois quelques effets spéciaux, le générique lui, est totalement réel et a entièrement été réalisé en stop motion (afin de garder une esthétique propre à celle de l’univers Lego) par la société Stoopid Buddy Stoodios sous la direction du studio Alma Mater. Ce studio spécialisé dans l’animation est dirigé par Brian Mah (le directeur créatif), James Anderson (le superviseur des effets visuels) et Kathy Kelehan (la productrice exécutif), ils ont également travaillés sur le générique du film 21 Jump Street avec les mêmes réalisateurs. Voici en image la magie de Lego et de l’animation en volume:

Jusqu’à présent, à ma connaissance, jamais le potentiel des briques de Lego a été utilisé pour créer un générique de film. C’est donc tout naturellement que le studio Alma Mater donne justice au jouet danois, en exploitant intelligemment les capacitées de création de ces derniers. Comme spécifié plus haut, ce générique utilise la technique du stop motion (autrement dit animation en volume ou animation image par image), qui consiste à cadrer et prendre photo par photo le déplacement des objets constituant la scène. Lorsque les photos sont lu à la suite à une vitesse normale, la scène semble animée. La réalisation de ces scènes, et donc des différentes maquettes, à été confiée et assemblée par le parc Legoland à Carlsbad en Californie. Cette séquence finale reprend des scènes et des paysages présents tout au long du film et les animations sont souvent inspirées de la grande communauté de fans présent sur le net.


Les différents crédits présents dans cette séquence devaient à l’origine être construits aussi avec des pièces de Lego, mais cela nécessitait pas loin de 10 000 pièces par scènes, en raison de 30 scènes environ, cela devait approcher prêt de 30 000 Legos pour un peu moins de 3mn de générique. En plus, la construction de ce générique à débuté un an avant la sortie du film, en raison du long travail d’assemblage, alors que le casting n’était pas totalement arrêté. C’est donc avec des étiquettes Dymo, qui collent très bien à l’esprit de la création « fait-mains », qu’apparaitrons les différents crédits. Ce principe à permis d’économiser quelques 7 000 pièces par scène pour un total de plus de 60 000 pièces pour construire toute les séquences de ce générique. Le logiciel Lego digital designer (gratuit) à permit de faire quelques essais de décors et ainsi estimer le nombre nécessaire de briques pour chaque scène.

Le titre dynamique et très entrainant « Everything is Awesome ! », qui reviens dans ce générique de fin est interprété par les jumelles Tegan & Sara en collaboration avec le trio comique The Lonely Island (emmené par l’humoriste et acteur américain Andy Samberg, qui avait d’ailleurs travaillé pour les deux réalisateurs Chris Miller et Phil Lord en doublant un personnage du film Tempête de boulettes géantes) sorti en 2009. Ce titre ainsi que toutes les chansons de la bande originale du film sont écrites et composées par Mark Mothersbaugh, qui à notamment participé aux bandes sonores des films 21 & 22 Jump Street (de Phil Lord et Chris Miller), La famille Tenenbaum (de Wes Anderson) où encore la musique de la campagne publicitaire Get A Mac (de l’entreprise Apple).

♪ Tout est super géniale ! ♪ 😉

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Alien — Richard Greenberg


alien

  • Titre français: Alien, le huitième passager
  • Réalisation: Ridley Scott
  • Sortie: 1979

 

Si vous vous intéressez de près ou de loin à l’univers vidéoludique en plus de celui du cinéma, vous avez peut-être joué ou dû moins entendu parler de la sortie, il y tout juste deux semaines, d’un nouveau jeu vidéo intitulé Alien: Isolation édité par Sega, développé par The Creative Assembly et jouable sur PC et consoles de salon. L’aventure se déroule 14 ans après les événements du film Alien, Le huitième passager et c’est justement le générique de ce film que je vous propose de revoir cette semaine.

Ce générique est signé Richard Greenberg, d’origine britannique, il a fondé une agence spécialisée dans les effets spéciaux, la publicité et le marketing appelé R/Greenberg Associates (maintenant R/GA) avec son frère Robert Greenberg en 1977 et qui fait partie de d’Interpublic Group (IPG), une des quatre plus grosses sociétés de publicité mondiale. C’est avec le générique de Superman en 1978 (de Richard Donner) qu’ils se font connaître, ils travaillerons plus tard sur le générique de Les Incorruptibles (de Brian De Palma), Dead Zone (de David Cronenberg, adapté du roman éponyme de Stephen King) ou encore Dirty Dancing (d’Emile Ardolino).

À l’image du film dont il est issu, le générique de Richard Greenberg joue sur l’apparition et l’attente, rappelant le huitième passager qui se dévoile petit à petit au cour du film créant une partie de cache-cache avec l’équipage du vaisseau Nostromo. L’apparition très mécanique et symétrique de petites formes rectangulaires au dessus des crédits, créer au départ une interrogation ainsi qu’une certaine tension parmis ce paysage spatiale et sombre. Le spectateur découvre au fur et à mesure que ses rectangles forment un mot, celui du titre du film. En augmentant ainsi l’interlignage du titre, Richard Greenberg surprends le spectateur qui ne s’attend pas vraiment à lire quelque chose en raison de cette forte distance et du choix d’une police de caractères linéale très géométrique (la Futura) découpé.

La musique qui accompagne ce jeu typographique est du compositeur américain Jerry Goldsmith (aidé par Lionnel Newman) qui s’est fait connaitre essentiellement pour avoir composé plus d’une centaine de films. On peux citer La Planète des singes (de Franklin J. Schaffner), Total Recall (de Paul Verhoeven), les Gremlins 1 & 2 (de Joe Dante) ou encore la trilogie des films Rambo.

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Se7en — Kyle Cooper


se7en

  • Titre français: Seven
  • Réalisation: David Fincher
  • Sortie: 1995

 

Cette semaine, je vous propose de revoir l’un des génériques les plus apprécié et qui reviens souvent dans les « top ten » des meilleurs génériques cinématographiques. Ce générique est celui qui accompagne le très troublant thriller de David Fincher, Seven (ou parfois orthographié Se7en), réalisé en 1995. Il est signé du designer graphique Kyle Cooper, membre de l’AGI (Alliance graphique internationale) et fondateur du studio Prologue à Los Angeles (qui compte parmi ses membres, Simon Clowes que nous avions vu il y a deux semaines pour le générique de X-men: First Class). Cooper à appris l’art graphique à l’université de Yale dans le Connecticut, sous la direction d’un des plus célèbres graphistes américains: Paul Rand. Il est également à l’origine des génériques des films Mission impossible (de Brian De Palma), Spider-Man et Spider-Man 2 (de Sam Raimi), L’Armée des morts (de Zack Snyder), et c’est aussi lui à qui l’on doit les générique de la série The Walking Dead (adaptée par Frank Darabont et Robert Kirkman, les créateur de la bande dessinée du même nom) et de American Horror Story (de Ryan Murphy et Brad Falchuk).

Un goût certain pour le drame et l’horreur donc ! Et c’est principalement suite au générique de Seven que Kyle Cooper deviens un exemple auquel aspire une jeune génération du motion design et une icône du genre. En effet, les plans (absents dans le film) qui composent cette séquence titre sont magistralement filmés et montés d’une manière à perturber en quelques secondes le spectateur. Même en dehors du contexte du film, il garde tout son attrait et parviens à retranscrire à lui seul un malêtre.

Les crédits apparaissent dans une police « manuaire », comme gravés à l’outil, mixés avec une Helvetica qui brise plusieurs règles de lisibilité. Les titres sont « sales », tremblant et agressent volontairement l’œil. Tout comme l’esthétique des images qui se bousculent et sautent comme un mauvais vidéo-projecteur, soulignée par des filtres de couleurs jouant sur les codes du film noir. Elle ne sont faites que de gros plans mais suggèrent parfaitement les actions de l’antagoniste et la préparation méticuleuse d’un document (la création des livres, les empreintes digitales,…). La scène introduit le thème de l’action murement réfléchie et longuement préparée du meurtrier. Voici le résultat:

C’est le groupe américain Nine Inch Nails (non-crédité au générique) tenu par Trent Reznor, qui compose et joue la musique stridente et psychédélique de ce générique intitulé « closer (precursor) ». Il a également composé les bandes sonores de deux autres films de David Fincher: The Social Network (2010) et Millénium: Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes (2011).

Si vous y avez prêté attention, le nom de Kevin Spacey n’apparait pas au générique, ce n’est pas un oubli mais une décision du réalisateur qui voulait garder le mystère sur l’apparence et l’identité du tueur. Cependant, l’acteur est crédité en premier dans le générique final.

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Catch Me if You Can — Kuntzel+Deygas


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  • Titre français: Arrête-moi si tu peux
  • Réalisation: Steven Spielberg
  • Sortie: 2002

 

Cette semaine, je vous propose que l’on s’attarde sur le générique d’un duo français. L’une à étudié à l’École des Gobelins de Paris et s’appelle Florence Deygas, le second, Olivier Kuntzel, est diplômé de l’École des arts appliqués Olivier-de-Serres également à Paris. Ensemble il forme le couple Kuntzel+Deygas et deviennent célèbres grâce à leurs créations visuels graphiques dans le domaine du clip vidéo et de la publicité. Mais c’est en 2002 qu’ils sont approchés par le réalisateur Steven Spielberg pour confectionner la séquence titre du film Arrête-moi si tu peux basé sur les « exploits » du faussaire américain Frank Abagnale Jr.. Ils signerons plus tard le générique de La Panthère rose de Shawn Levy (reboot de la version de 1963) et celui du film Le Petit Nicolas de Laurent Tirard adapté de l’œuvre du même titre de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé.

Pour ce générique, ils décident de travailler de manière traditionnelle, sur papier et principalement à la main. Cet aspect « fait main » fait directement référence au style vintage des génériques des années soixante, et rendent hommage (encore une fois) aux génériques pop de Maurice Binder et à l’esthétique (notamment les lignes géométriques) de ceux de Saul Bass. Une esthétique très « pictogramme », culturellement identifiable avec un peu de chic et le sens du drame.

Cette séquence d’ouverture animée, évoque la poursuite des deux protagonistes du film, interpréter par Léonardo Di Caprio et Tom Hanks et illustre ainsi parfaitement l’esprit du film. Par exemple, la silhouettes du « traqué » change d’apparence lorsqu’il passe derrière une ligne verticale. Ces lignes verticales sont principalement constitué d’un jeu typographique, qui est fait d’un prolongement des « jambages » de certaines lettres appartenants aux noms des personnes crédités. Elles permettent au personnage de se cacher derrière elles ou formes des éléments du décors avec lequel la silhouette interagit, devenant une échelle, une corde de rappelle ou une paille…

Les couleurs pop et acidulées, signale quant à elles les transitions géographique ou temporelles et les éléments narratifs que l’on voit défiler (aéroport, poursuite de voitures, administration…) présentent le scénario avec une limpidité parfaite. Voici le résultat:

La musique est signé John Williams, le plus célèbre compositeur de musique de film (plus d’une centaine en 60 ans de carrière), il est le compositeur attitré de Steven Spielberg et de George Lucas (rien que ça). C’est à lui que l’on doit les plus célèbres musiques de films de l’histoire d’Hollywood comme Les dents de la mer, Rencontre du troisième type, E.T. l’extra-terrestre, les sagas Indiana Jones, SupermanJurassic Park (tous de Steven Spielberg), ou encore (sans doute son œuvre la plus célèbre) la musique de la saga Star Wars de Georges Lucas.

Note: Promis, la semaine prochaine, j’essaye de ne pas évoquer Binder et Bass ! 🙂

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X-Men: First Class — Simon Clowes


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  • Titre français: X-Men: Le Commencement
  • Réalisation: Matthew Vaughn
  • Sortie: 2011

 

Si vous avez suivi les deux premiers posts de cette rubrique, vous connaissez les deux fers de lance de cet art du générique. Cette semaine je vous propose de faire un bon de 50 années en avant et de découvrir quel impact ont laissé Saul Bass et Maurice Binder dans la culture graphique d’aujourd’hui. Même un demi siècle plus tard, de nombreux graphistes s’inspirent encore et toujours de ces fabuleux témoignages graphiques d’époques et tentent de leur rendre hommage à leur manière. C’est le cas du générique issu du prequel racontant les aventures du Professeur X et de Magnéto dans le film X-Men: Le commencement réalisé par Mattew Vaughn en 2011. Et c’est au directeur créatif Simon Clowes à qui l’on doit cet hommage, on lui doit également le générique des films Sherlock Holmes de Guy Ritchie, Esther de Jaume Collet-Serra ou encore Superman Returns de Bryan Singer.

Ce générique s’inspire plus particulièrement du style de Maurice Binder pour James Bond 007 contre Dr No de Terence Young (1962) et de ceux de Saul Bass pour L’Homme au bras d’or (vu la semaine dernière) et de Vertigo (du moins pour la seconde moitié) d’Alfred Hitchcock (1958). D’ailleurs Mattew Vaughn, le réalisateur du film ne cache pas dans ses interviews s’être grandement inspiré des premiers James Bond pour réaliser ce prequel. Son admiration pour l’ambiance des James bond ne s’arrête pas seulement aux génériques car on trouve de nombreux clins d’œil tout au long du film, qui font référence de près ou de loin à la saga James Bond; les décors (le bureau nazi avec verrière de Klaus Schmidt, qui rappel ceux des ennemis de Bond, on retrouve également la même maison qui sert de décors à l’île du SPECTRE dans Bons baisers de Russie), les costumes (Michael Fassbender porte un costume similaire à celui de Sean Connery dans Goldfinger), l’appât au lingo d’or (même scène lors d’une partie de golf dans Goldfinger) et j’en passe…

« Le film se situe dans les années 60 et Magneto est une sorte de jeune Sean Connery. C’est l’espion ultime : imaginez Bond, mais avec des supers pouvoirs ! » 1

C’est donc aux séquences titre des années 1960 auxquelles s’inspirent directement ce générique sur le thème des mutations génétiques des cellules et qui clôturent le film. Des formes simples sont utilisées pour représenter graphiquement des données scientifiques, le séquenssage de l’ADN, les mitoses, les méioses, les chromosomes ou le génie génétique. Je vous laisse apprécier le spectacle:

La musique est du compositeur Henry Jackman qui à travaillé sur les films Kick-Ass de Matthew Vaughn, Abraham Lincoln, chasseur de vampires de Timur Bekmambetov ou récemment Captain America: Le Soldat de l’hiver d’Anthony et Joe Russo.

Je ne résiste pas à vous partager par la même occasion l’un des plus beaux génériques (à mon goût), dont sa force brille par sa simplicité, son choix de couleurs, son rythme et son jeu de formes parfaitement orchestré sur le thème de Monty Norman et arrangés par John Barry.

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The Man with the Golden Arm — Saul Bass


golden_arm

  • Titre français: L’Homme au bras d’or
  • Réalisation: Otto Preminger
  • Sortie: 1955

 

Aujourd’hui, comme je l’évoquais la semaine dernière, je vous propose de découvrir un générique réalisé sans doute par le plus connu de tous les graphistes dans ce domaine, l’américain Saul Bass. En effet, dès le début des années cinquante, lorsque la plupart des films de l’époque s’ouvrent sur un simple générique qui ne fait que citer un à un les principaux participants sur un fond noir ou sur des séquences filmées issus du film, Saul Bass, lui, casse les codes et invente le générique moderne. Se servant de son expérience dans la publicité, il fait le choix de se focaliser sur un élément important de l’intrique du film, puis de s’en servir comme symbole graphique. Il commence par appliquer son idée sur l’affiche du film Carmen Jones d’Otto Preminger, séduit le réalisateur lui propose de réaliser l’affiche et le générique de son prochain film: L’Homme au bras d’or (The Man with the Golden Arm) en 1955. Je vous laisse l’apprécier:

NOTE: Le générique, s’arrête à 1:22 mn, pardon pour la pub et les crédits de la chaine YouTube qui propose cette vidéo.

Avec ce générique Saul Bass élimine le superflu et fait preuve d’une forte créativité, avec les moyens de l’époque, c’est à dire sans ordinateur, entièrement à la main. Il utilise des formes géométriques (des bandes de papier découpées blanches sur un fond noir) qu’il met en mouvement tout en jouant avec la typographie et élève ainsi le générique au rang d’œuvre d’art. Ce procédé est appelé aujourd’hui le « motion design », qui désigne l’art d’animer et de synchroniser, éléments graphiques, typographie, pictogramme… sur une bande sonore. Ici son défi est de faire ressentir au travers de cette esthétique, le drame et l’intensité du film avant même que les spectateurs le voit. Le bras déformé et crispé qui apparaît à la fin ajoute une sensation de mal-être, rappelant fortement la prise d’héroïne par injection, l’une des addictions du personnage principale (les lignes blanches peuvent elles aussi rappeler cette addiction, une métaphore de drogue en poudre déposée en un tas allongé pour être « sniffée » avec une paille).

Cette collaboration entre le Saul Bass et le réalisateur Otto Preminger se fera sur plus d’une dizaine de films. D’autres grands réalisateurs feront par la suite appel à ces talents pour leurs films, notamment Alfred Hitchcock (pour Sueurs FroidesPsychose…), Stanley Kubrick (pour Spartacus) ou encore Martin Scorsese (pour Les AffranchisCasino…). Pour l’anecdote, dans les cinémas de l’époque les films commençaient après l’ouverture des rideaux placés devant l’écran de projection une fois les génériques passés. Les rideaux restaient fermés pendant ces génériques car ils n’avaient aucun intérêt pour le public, mais Saul Bass, pour parer à cette habitude, accompagnait les bobines du film par une note stipulant aux projectionnistes d’ouvrir les rideaux avant de lancer le générique.

La musique Jazz est signée du célèbre compositeur Elmer Bernstein (qui a également participé parmi tant d’autres aux musiques des films Les Sept Mercenaires et La Grande Évasion de John Sturges, The Blues Brothers de John Landis, mais aussi d’SOS Fantômes (Ghostbusters) d’Yvan Reitman. Il y a encore beaucoup de choses à raconter sur Saul Bass mais ce n’est pas vraiment le but ici, je vous propose néanmoins de découvrir une partie de son travail d’affiche sur saulbassposterarchive.com.

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Thunderball — Maurice Binder


thunderball

  • Titre français: Opération Tonnerre
  • Réalisation: Terence Young
  • Sortie: 1965

 

C’est mardi et comme vous n’êtes pas censé l’ignorer demain est le jour des sorties ciné. Pour accompagner ces sorties, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir, chaque mardi soir, les plus beaux génériques de films réalisés par des graphistes de talent. J’aurais pu commencer cette longue série sans doute par le plus célèbre d’entre eux, Saul Bass, qui à travaillé avec les plus grands cinéaste comme Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, Otto Preminger ou encore Martin Scorsese, mais rassurez vous, je reviendrais sur Saul Bass bien assez vite dans cette rubrique.

Alors si je vous dit génériques de films, généralement les premiers qui nous viennent à l’esprit sont ceux qui accompagnent les nombreux films de la saga James Bond. Et pour cause, depuis le début des aventures du moins secret des agents de sa majesté au cinéma, ces génériques sont devenus une véritable marque de fabrique indissociable de la série. Au même titre que les Bond girls, les gadgets ou les décors somptueux. Ces génériques, nous les devons au talent du graphiste Maurice Binder, du moins pour les films de l’ère Connery/Moore à quelques exceptions près. Repéré par les producteurs des adaptations cinématographiques des romans de Ian Fleming (l’auteur des James Bond) pour son travail sur le film Ailleurs l’herbe est plus verte de Stanley Donen, c’est Maurice Binder qui seras engagé pour la première adaptation: James Bond 007 contre Dr. No en 1962. C’est aussi lui qui est à l’origine du célèbre Gun Barrel, la séquence ou l’on aperçoit James Bond au travers d’un canon de revolver, qui marche, et soudain se retourne pour tirer vers notre direction puis le sang coule sur l’écran.

You_Only_Live_Twice_-_Gun_Barrel

Oui c’est bien les stries intérieures d’un canon de revolver qui forment une spirale et non le diagramme d’un objectif d’appareil photo comme je l’entens souvent. En plus je ne vois pas pourquoi James Bond tirerait sur un photographe… mais je m’égare.

Binder offre donc au film Thunderball, un générique très sensuel et coloré, avec de superbes silhouettes de naïades qui ondule au ralenti autours de pistolet et autres armements du monde de l’espionnage. Cette idée est largement inspirée de la mythique et splendide bataille sous-marine finale du même film. Cette recette, silhouettes de femmes, sensualité, arme, virilité et contraste coloré donnera à la série son style si particulier et reconnaissable immédiatement. Je vous laisse l’apprécier.

La Musique est évidement de John Barry (le célèbre compositeur britannique des 12 premiers longs métrages de la saga et de bien d’autres films) et est interprétée par Tom Jones, mais si Tom Jones, le chanteur adulé par Carlton Banks dans la série Le Prince de Bel-Air, où il effectue sa mythique danse sur It’s Not Unusual l’un des principaux tubes du chanteur.

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