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The Man with the Golden Arm — Saul Bass


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  • Titre français: L’Homme au bras d’or
  • Réalisation: Otto Preminger
  • Sortie: 1955

 

Aujourd’hui, comme je l’évoquais la semaine dernière, je vous propose de découvrir un générique réalisé sans doute par le plus connu de tous les graphistes dans ce domaine, l’américain Saul Bass. En effet, dès le début des années cinquante, lorsque la plupart des films de l’époque s’ouvrent sur un simple générique qui ne fait que citer un à un les principaux participants sur un fond noir ou sur des séquences filmées issus du film, Saul Bass, lui, casse les codes et invente le générique moderne. Se servant de son expérience dans la publicité, il fait le choix de se focaliser sur un élément important de l’intrique du film, puis de s’en servir comme symbole graphique. Il commence par appliquer son idée sur l’affiche du film Carmen Jones d’Otto Preminger, séduit le réalisateur lui propose de réaliser l’affiche et le générique de son prochain film: L’Homme au bras d’or (The Man with the Golden Arm) en 1955. Je vous laisse l’apprécier:

NOTE: Le générique, s’arrête à 1:22 mn, pardon pour la pub et les crédits de la chaine YouTube qui propose cette vidéo.

Avec ce générique Saul Bass élimine le superflu et fait preuve d’une forte créativité, avec les moyens de l’époque, c’est à dire sans ordinateur, entièrement à la main. Il utilise des formes géométriques (des bandes de papier découpées blanches sur un fond noir) qu’il met en mouvement tout en jouant avec la typographie et élève ainsi le générique au rang d’œuvre d’art. Ce procédé est appelé aujourd’hui le « motion design », qui désigne l’art d’animer et de synchroniser, éléments graphiques, typographie, pictogramme… sur une bande sonore. Ici son défi est de faire ressentir au travers de cette esthétique, le drame et l’intensité du film avant même que les spectateurs le voit. Le bras déformé et crispé qui apparaît à la fin ajoute une sensation de mal-être, rappelant fortement la prise d’héroïne par injection, l’une des addictions du personnage principale (les lignes blanches peuvent elles aussi rappeler cette addiction, une métaphore de drogue en poudre déposée en un tas allongé pour être « sniffée » avec une paille).

Cette collaboration entre le Saul Bass et le réalisateur Otto Preminger se fera sur plus d’une dizaine de films. D’autres grands réalisateurs feront par la suite appel à ces talents pour leurs films, notamment Alfred Hitchcock (pour Sueurs FroidesPsychose…), Stanley Kubrick (pour Spartacus) ou encore Martin Scorsese (pour Les AffranchisCasino…). Pour l’anecdote, dans les cinémas de l’époque les films commençaient après l’ouverture des rideaux placés devant l’écran de projection une fois les génériques passés. Les rideaux restaient fermés pendant ces génériques car ils n’avaient aucun intérêt pour le public, mais Saul Bass, pour parer à cette habitude, accompagnait les bobines du film par une note stipulant aux projectionnistes d’ouvrir les rideaux avant de lancer le générique.

La musique Jazz est signée du célèbre compositeur Elmer Bernstein (qui a également participé parmi tant d’autres aux musiques des films Les Sept Mercenaires et La Grande Évasion de John Sturges, The Blues Brothers de John Landis, mais aussi d’SOS Fantômes (Ghostbusters) d’Yvan Reitman. Il y a encore beaucoup de choses à raconter sur Saul Bass mais ce n’est pas vraiment le but ici, je vous propose néanmoins de découvrir une partie de son travail d’affiche sur saulbassposterarchive.com.

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Rubrique: Popcorn | Commenter




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